Tuesday, 21 October 2014

BBC « Rwanda’s Untold Story » : Le « mythe Kagame » serait-il en train de s’écrouler ? -Jane Mugeni

Paul Kagame/photo rfi

Paul Kagame/photo rfi

A peine quelques jours après la diffusion par la BBC d’un documentaire titré : « Rwanda : The Untold Story », le régime de Paul Kagame , ses sponsors et ses obligés déploient leur artillerie lourde sur le terrain médiatique où leurs positions risquent de tomber une à une. Signe que le documentaire de la BBC a fait mouche !
– Il y eut d’abord la fameuse association « IBUKA » qui, forte de sa jouissance de  « non contestabilité », a appelé à une manifestation devant le siège de la BBC à Londres. Une trentaine de militants se sont donc retrouvés samedi le 10 octobre devant l’immeuble de la BBC en brandissant des pancartes chantant les louanges à Paul Kagame et accusant la BBC de « négationniste ».
– Il y eut ensuite cette lettre de protestation du 12 octobre adressée au Directeur de la BBC et signée par une trentaine de soi-disant « professeurs, chercheurs, journalistes, historiens… ». Comme nous le verrons plus loin, les signataires sont pour la plupart des complices de Paul Kagame dans les crimes qu’il a commis ou sont ses obligés car travaillant pour lui d’une façon ou d’une autre.
– Il y eut aussi la sortie de Paul Kagame le 14 octobre lors de l’installation de son cousin Bernard Makuza comme président du Sénat et donc officiellement n°2 du régime. Il a pratiquement mis le pays en état d’alerte en prétendant qu’il s’apprête à donner une leçon de comment faire la guerre à ceux qui vont l’attaquer ! Dans son discours, il voit donc en la diffusion du documentaire de la BBC une déclaration de guerre et n’a pas manqué de souligner que c’est trop tard car depuis vingt ans il aurait accumulé des moyens de guerre « invincibles » (si jamais il en existe comme il le croit!).
-Il y eut encore la sortie d’un article sur le blog pro-Kagame par un certain Alain Gauthier le 15 octobre. Cet enseignant retraité reconverti sur le tard dans le showbiz a fait fortune dans le commerce du génocide rwandais en France de sorte qu’il est actuellement une star médiatique et un « people », rien qu’en vendant le génocide rwandais en France. C’est donc de bonne guerre qu’il soit parmi les plus acharnés à défendre son gagne-pain qui s’évanouira avec la chute du régime dictatorial de Paul Kagame. Donc, il fait tout pour repousser l’échéance le plus loin possible dans le temps.
– Il y a enfin cette sortie du journaliste ougandais Andrew Mwenda dans le quotidien du FPR « The NewTimes »  de ce 15 octobre. Ce journaliste d’origine ougandaise, qui fait partie du fameux panel des conseillers étrangers de Paul Kagame et chargé spécialement de la communication en Afrique de l’Est, défend son « boss » en fustigeant la BBC et au passage dévoile la haine qu’il nourrit envers tous ceux qu’il perçoit comme hutu. Il conclut en effet son article en prétendant que même s’il s’avérait que  Paul Kagame aurait tué le hutu Habyarimana, il serait dans son droit car le président hutu était son ennemi naturel !
Des constantes
Tous ces défenseurs de la dictature de Paul Kagame qui intentent à la BBC un procès d’intention se rejoignent sur certains points essentiels. Pour eux :
1. Il faut cultiver et maintenir l’amalgame entre la critique légitime de la dictature de Paul Kagame en l’assimilant à une « négation du génocide ». Le documentaire de la BBC, qui en aucun moment ne nie le génocide,est qualifié de « négationniste » parce qu’il a osé évoquer timidement les crimes commis par le dictateur Kagame tout au long de sa conquête militaire du Rwanda. C’est sous ce prétexte que les témoignages des acteurs de premier plan dans les événements qui ont secoué le Rwanda entre 1990 et 1994, sont, selon eux, à disqualifier dès qu’ils proviennent des opposants politiques à Paul Kagame même quand ils sont des témoins oculaires des faits. Aux yeux des milieux qui portent  la dictature à bras le corps, seuls les aveux de Paul Kagame lui-même et de ses sujets, aveux qui ne viendront certainement jamais, constituent des preuves tangibles de sa culpabilité. Rien n’est plus naïf !
2. Les faits qui contredisent les thèses du régime, surtout les mythes qui fondent sa légitimité, doivent systématiquement être occultés, quitte à se contredire ou à nier ses anciennes déclarations. Ainsi, pour asseoir le « dogme » comme quoi Paul Kagame aurait arrêté le génocide, ses admirateurs oublient ou ne veulent pas réentendre qu’en avril 1994, il avait refusé l’intervention des troupes de l’ONU quand il a envoyé une délégation au Conseil de Sécurité des Nations Unies qui débattait de la question. La délégation, qui  était composée de Claude Dusaidi et de Charles Muligande, a dissuadé l’ONU d’intervenir. Mais les lobbies de Paul Kagame occultent ce fait et continuent de clamer qu’il aurait arrêté le génocide alors que lui-même s’en est défendu.
Ceux qui sont commis pour blanchir Kagame en arrivent à désinformer l’opinion, à mentir et même jusqu’à faire dire aux magistrats ce qu’ils n’ont jamais ou encore dit. L’affaire de l’attentat du 6 avril 1994 en donne une illustration caricaturale. Selon Ibuka, le groupe des professeurs chercheurs, journalistes, historiens dont on a parlé et Alain Gauthier, le juge anti-terroriste français Marc Trévidic aurait déjà innocenté Kagame et prononcé un non lieu général ! Ce qui est faux car la décision du juge n’est pas encore connue. Ces enfumeurs de l’opinion ajoutent qu’il aurait conclu que le départ des missiles qui ont abattu l’avion ont été tirés à partir du camp Kanombe qui était gardé par la Garde présidentielle. Ce qui est encore faux, car même l’expertise du « deus ex-machina d’acousticien » appelé à la rescousse et qui a fait ses simulations dans un domaine militaire du centre de la France, n’a pas parlé du camp Kanombe mais du « domaine militaire » de Kanombe, une zone plus large et non habitée. Son intervention a été sollicitée après la visite, sur le terrain au Rwanda,  des balisticiens et géomètres mais dont le rapport concluait pas dans le sens disculpant Kagame. L’expertise qu’on voudrait présenter comme décisive, ne désigne même pas de façon formelle l’endroit du départ des tirs. Il indique seulement que le domaine militaire de Kanombe est l’un des sites possibles mais parmi les six autres hypothèses, dont la colline de Masaka. Enfin, ils se gardent de dire que l’expertise acoustique contestable n’est pas le seul élément et encore le plus déterminant pour fonder la conviction du juge. Mais dans leurs manœuvres de désinformation et de faire pression, ils tentent de convaincre le monde et surtout influencer le juge qu’il en est ainsi. Il faut encore préciser que que même le camp Kanombe n’était pas sous le contrôle de la Garde présidentielle qui avait ses quartiers à Kimihurura en face de l’immeuble du Parlement où avaient été admis des milliers de combattants du FPR.
La lettre des 37 intellectuels au Directeur Général de la BBC
La lettre reprend le même credo que doivent répéter les défenseurs du dictateur Kagame en reprenant les mêmes arguments : critiquer Kagame c’est nier le génocide ; les opposants sont des génocidaires ; l’histoire du Rwanda doit se réduire aux thèses du parti au pouvoir, le FPR de Paul Kagame,…
Mais le plus frappant est le panel des signataires. La liste est constituées de ceux-là même qui ont accompagné Paul Kagame dans sa conquête du Rwanda ou qui ont participé ( ou participent encore) à la promotion de son image dans les médias. A ces inconditionnels, il faut ajouter des opportunistes devenus ses obligés et pudiquement appelés des consultants ou des « spécialistes du Rwanda » le temps de produire un article ou de publier un livre commandé et financé par le dictateur.
Un bref aperçu de cette liste permet de distinguer des catégories parmi les signataires.
On y trouve  d’abord les traumatisés, les déçus à qui on avait donné des missions qui les dépassaient mais qui aujourd’hui doivent accompagner le FPR dans sa chute. C’est le cas du général Dallaire qui a commandé les forces de la mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) de 1993 à 1994. Cet officiel canadien a débarqué au Rwanda avec un mauvais entendement de sa mission. Il croyait venir aider le FPR de Paul Kagame à prendre le pouvoir et il s’en est employé corps et âme , mais par après, comme il ne peut se prévaloir ouvertement de cette action (avoir installer Paul Kagame au pouvoir au Rwanda),  dans sa frustration, il est obligé de défendre mordicus le dictateur pour qui il a tout fait afin qu’il accède au pouvoir alors que l’ONU lui avait «  officiellement » envoyé pour aider à la mise en place d’une solution négociée entre belligérants. Il en sera marqué à jamais. C’est dans la même catégorie qu’il faudrait classer Mme Barabara Mulvaney, qui fut procureur dans le procès phare dit « Bagosora et al. ». Et où il était prévu qu’il serait spectaculaire car les preuves de planification du génocide allaient éclater mais qui a fini en queue de poisson avec l’acquittement de tous les accusés du chef « d’entente en vue de commettre le génocide ». Elle se mord les doigts et en est aussi marquée à jamais.
On distingue ensuite des individus opportunistes qui avaient découvert qu’ils pouvaient se rendre célèbres (et riches) en renversant les rôles de la France, surprise de se faire évincer de la région  par des puissances anglo-saxonnes qui, après une longue préparation, venaient de se rendre maître de la région. Ils ont alors publiés des thèses fantaisistes mais très prisées par le régime de Paul Kagame, et par les puissances qui venaient de l’installer. Dans cette catégorie, on trouve Linda Melvern, celle-là même qui n’avait pas hésité à produire de grossiers faux documents pour accréditer la thèse que l’avion de Habyarimana avait été abattu par des éléments de sa propre armée épaulés par la France. Il y a encore l’aventurier Andrew Wallis qui a publié « Silent Accomplice: The Untold Story of France’s Role in the Rwandan Genocide »
Sur cette liste des signataires figurent aussi des Français qui ont voulu se rendre célèbres (et riches) en surfant sur la vague de la réputation des « Français contestataires contre leurs institutions » où n’importe quel quidam qui défie l’ordre établi est perçu comme un héros. Ceux-ci n’ont pas hésité à salir l’honneur des armées françaises par des mensonges et des calomnies dans le seul but de s’attirer les sympathies du nouveau régime installé au Rwanda par les puissances anglo-saxonnes et en même temps apparaître en France comme des «  mousquetaires, héros »…qui osent dénoncer la politique française en Afrique.  C’est dans cette catégorie qu’on peut ranger un Patrick de Saint Expéry ou un Jacques Morel.
Sur la liste des signataires, on y trouve aussi, hélas !, des « journalistes du ventre » comme il en est le cas dans de telles situations. Aucun pays n’a le monopole de produire des « journalistes du ventre ». Ils sont partout. Dans le cas qui nous concerne, les sénégalais Mehdi Bâ et Boubacar Boris Diop, côtoient allègrement le français Jean-François Dupaquier. Ce denier n’hésite pas à se prévaloir des spécialités selon les circonstances. Il devient « journaliste d’investigation » quand il doit déposer devant le TPIR, mais se réclame de la qualité d’historien pour pouvoir déposer des faux documents ou des documents falsifiés. Devant la Cour d’Assises de Paris, il se présente comme anthropologue pour obtenir l’occasion d’affirmer que « selon ses recherches, les jeunes hutu subiraient un rite initiatique avant d’être admis dans le monde des adultes et qui consisterait à violer des jeunes filles tutsi » ! Plus scandaleux, tu meurs !
Il y a enfin le cas des personnes sous influence qui se doivent de suivre aveuglement leurs maîtres. C’est le cas de Hélène Dumas qui vient de recevoir un doctorat de l’Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHEES) de Paris. L’un de ses maîtres n’est autre que José Kagabo, un membre éminent du FPR, professeur à l’EHSS mais aussi …Sénateur au Parlement de Kigali ! Hélène Dumas se devait donc de signer la pétition dénonçant la BBC pour faire cause commune avec  son maître.
In fine, nous conclurons en abondant dans l’idée du Dr Rudasingwa qui, dans sa lettre adressée au Directeur Général de la BBC termine en proposant que la même BBC organise un débat contradictoire sur le même thème qui opposerait les représentants du gouvernement rwandais, les personnalités de l’opposition et de la société civile, les chercheurs et spécialistes du Rwanda de tous bords. Ceci enlèverait au régime de Paul Kagame le prétexte que le documentaire n’avait  reproduit que les avis de l’opposition, donc des négationnistes, mais aussi permettrait à la BBC de réfuter, preuves à l’appui, que sa recherche de vérité ne doit pas être assimilée au négationnisme. Au cas où le FPR refuserait ce débat, qu’il se taise pour toujours et que ses sbires cessent d’intimider ceux qui, comme la BBC, cherchent à percer les secrets qui ont été à la base de l’installation, contre toute logique, de la dictature de Paul Kagame au Rwanda
Jane Mugeni
16/10/2014
BBC « Rwanda’s Untold Story » : Le « mythe Kagame » serait-il en train de s’écrouler ?
Komeza Usome ...

BBC Two - Rwanda's Untold Story:Dr. Theogene Rudasingwa’s personal and open letter to BBC’s Tony Hall

BBC Two - Rwanda's Untold Story:Dr. Theogene Rudasingwa’s personal and open letter to BBC’s Tony HallMY PERSONAL AND OPEN LETTER TO BBC’S TONY HALL


Mr. Tony Hall,
Director-General of the BBC,
Broadcasting House, Portland Place
London. W1A 1AA

October 14, 2014.

Dear Mr. Hall,

I am writing to express my deep gratitude to BBC for the courageous undertaking to produce and and broadcast the documentary, Rwanda’s Untold Story. As you have witnessed in the last few days since the broadcast, the documentary has provoked strong passions on either side of the Rwanda debate, thus confirming that BBC’s endeavor has responded to an un-met need for dialogue and debate in contemporary Rwandan society. Despite relentless noise from President Paul Kagame’s brutal dictatorship, both open and disguised, BBC should be proud that it has made a contribution to Rwanda’s search for the whole truth upon which a safe and shared future for all Rwandans must be built.

Allow me to take liberty to use this thank you note to express utter dismay and grave concern about the content in a letter that a group of people calling themselves scholars, scientists, researchers, journalists and historians wrote to you on October 12, 2014. While I do not doubt their credentials, their attempt to silence the BBC and Rwandans, in defense of the Kigali regime, should be strongly condemned by all truth-loving peoples.

I cannot claim to be a distinguished scholar, scientist, researcher, journalist or historian. However, in my own country Rwanda, and about Rwandans, I do make a claim that I am a good student who has knowledge about our shared history, our present, and struggles for a secure future for all.

I am a Tutsi. My father was killed during an earlier round of violence (the Hutu Revolution of 1959) when I was a baby. Three quarters of my life I have been a refugee, first from a “Hutu” regime, and now from a “Tutsi” one. During the civil war of 1990-1994, I was an emissary of the now ruling Rwandese Patriotic Front (RPF), knocking on the doors of uncaring and insensitive governments, and personalities, some of whom co-signed the shameful letter to you. I was RPF’s Secretary General during the 1994 genocide, in which many of my relatives, and friends perished. I have served Rwanda as its Ambassador to the United States, and as President Paul Kagame’s Chief of Staff. I was a vigorous architect and defender of the realm as defined by the RPF in post-1994 Rwanda. In short, I know what I am talking about. I am not the kind of person to deny, minimize, or revise genocide.

Since 2010, I have served Rwandans as a leader of one of the opposition groups in exile, the Rwanda National Congress (RNC). It is in this latter capacity that I have crossed the dangerously cruel ethnic divide to appreciate the immense suffering and fear that feed both the violence and dictatorship in Rwanda.

I am not therefore surprised that President Kagame’s regime would react violently against BBC’s Rwanda’s Untold Story. The regime has methodically and persistently assassinated or jailed those who have sought to tell the truth. Deceptions and denials are the heart of undemocratic regimes, both ancient and modern. What I am yet to understand fully is what motivated the “scholars, scientists, researchers, journalists and historians” to become such forceful yet absurd apologetics of a regime that exhibits genocidal characteristics as the BBC documentary attempts to highlight. Is it ignorance? Surely not, for these are learned fellows. Is it money that the regime habitually dishes out to its apologetics? Probably not all of them, since some are honorable people. Is it ego that causes people to get mired deeper into falsehoods that have become part of a seductive industry rather than confront the truth? Only time will tell.

First, the “scholars, scientists, researchers, journalists and historians” say,
“We accept and support that it is legitimate to investigate, with due diligence and respect for factual evidence, any crimes committed by the Rwandan Patriotic Front (RPF), and to reflect on the contemporary political situation in Rwanda”
This is precisely what the BBC story tries to tell. It tells the story of the shooting down of President Habyarimana’s plane that triggered the genocide and massacres; the Robert Gersony report that was shelved in a conspiratorial manner; the Kibeho massacres; the horrendous human rights abuses in the Democratic Republic of Congo; the incarceration of political leaders who call for accountability; the assassination and assassination attempts on political opponents whom the regime believes have a credible story to tell; the protection of the Kagame regime from accountability by the U.K. and U.S. governments; the marginalization or silencing of international prosecutors who would have investigated the regime’s crimes; and, the scandalous towing of the Kigali regime’s narrative that is all too obvious in the international system.

The authors of the letter should tell us if they, individually or collectively, ever investigated the crimes committed by the Kagame RPF regime. They conveniently picked what they could brandish against those who call for the whole truth, in an effort to intimidate them into silence. By calling them supporters and collaborators of convicted genocidaires, or apologetics of “Hutu Power”, the authors of the letter are recycling an old intimidation method of the regime that has worked for the last twenty years but which inevitably draws close to expiry.

Second, on the question of numbers of Tutsi who were killed during the genocide I am not persuaded to agree with the figure of 200, 000 given by the American Professors. At the same time, post-1994 history was written by the victorious Tutsi RPF, which had an obvious interest in giving its own version of the high number of victims, (800,000-1 million), which the guilty international community was compelled to accept as gospel truth. Notably, the authors do not even talk about Hutu who were killed before, during and after the genocide. Do the authors subscribe to the Kagame regime view that all Hutu are genocidaires collectively, for whom there should be no sympathy and no justice? The American Professors in the BBC story give a number of 800,000. This is not cast in stone, and is debatable like the number of Tutsi deaths. Nobody should minimize the Tutsi deaths or the Hutu deaths.

Rwandans will decisively and finally put these matters to rest as a society when we seek the truth freely, candidly, and without the obstruction by vested interests of a state held hostage by small cliques. The whole truth should enable all Rwandans to build an authentic and sustainable unity and reconciliation, not based on cyclical retribution, but all embracing justice. Otherwise, the competition as to who died more (Hutu or Tutsi) is a meaningless race to mutually assured destruction.

Third, on the question of the numbers of the Interahamwe militia who participated in the killings, I wonder how this can be relevant. For Rwandans who went through the horrors of 1994, both Hutu and Tutsi, the agonizing remembrance of the unimaginable violence unleashed by hordes of militia is substantive proof that this was lethal power. The BBC documentary, in its opening moments captures the agony of the victims, as they are hacked to death by this militia. So what if they were 5,000, 10, 1000, 30,000? For the American Professors, and the authors of the letter trading polemics on this matter, I would say this is not time well spent. The militia had to be defeated militarily. I am glad they did. Unfortunately, the military victors of 1994 went on a killing spree in Rwanda and the Democratic Republic of Congo that is yet to be accounted for. That should be a subject of urgent interest rather than counting the number of militia that were involved in the genocidal madness.

Fourth, it is on the shooting down of the Habyarimana plane that the authors of the letter to you show their true bias in favor of the Kagame regime. Citing Judge Marc Trevidic, the authors pretend that the investigation has been concluded, and that it exonerated Paul Kagame from the responsibility for the epic act that triggered the genocide. That is a shameful lie. For us who know the facts about the matter, we have testified and others will testify in the investigation. Ultimately, nothing Kagame and his apologetics will say can erase the fact that Kagame ordered the shooting down of the plane in which two sitting African Heads of State and all their entourage died. His utter disregard for Tutsi and Hutu lives and his push for getting to power by any means possible should not minimize those who took advantage of the situation to commit the crime of genocide. The whole truth may finally be revealed in a post-Kagame era since he has invested substantial resources to obstruct accountability, and has mobilized powerful friends in the international system to protect him. Paul Kagame is a factor in the Tutsi genocide. He is the main culprit in the terrorist act in the shooting down of the plane.

Finally, the authors of the letter have betrayed their professions by insulting the BBC that by “broadcasting this documentary the BBC has been recklessly irresponsible” and that “the programme has “fuelled genocide denial” “emboldened the génocidaires, all their supporters and those who collaborate with them.” This is a language that does not befit scholars, scientist, diplomats, journalist and historians. Such noble professions have throughout history risked on the side of freedom, justice, innovation, and the rule of law against what often was conventional wisdom. Many did perish rather than compromise with the deceptions of the status quo. The authors have chosen a safer route with a rotten and dying regime. They have deliberately decided to demonize Jane Corbin, John Conroy, and the BBC just as perpetrators of genocide do. Where is the patience and tolerance for different opinions? Where is the intellectual rigor, honesty, and sense of duty on matters that touch the millions of Rwandans, both Hutu and Tutsi? It is, in fact, the authors of this letter that are encouraging the Kagame regime to run faster in its trajectory to human rights abuses, war, and possibility of genocide: its denials, targeting groups, dehumanizing groups of people, polarization of the population, organizing killers, and persecution of victims. In the past its victims were predominantly Hutu. Now, paradoxically, the regime has descended on those Tutsi it claims to have saved in 1994.

In conclusion, allow me to quote a famous American scholar, John Rawls, on the price and requirements of truth and justice:
“Justice is the first virtue of social institutions, as truth is of systems of thought. A theory however elegant and economical must be rejected or revised if it is untrue; likewise laws and institutions no matter how efficient and well-arranged must be reformed or abolished if they are unjust. Each person possesses an inviolability founded on justice that even the welfare of society as a whole cannot override. For this reason justice denies that the loss of freedom for some is made right by a greater good shared by others. It does not allow that the sacrifices imposed on a few are outweighed by the larger sum of advantages enjoyed by many. Therefore in a just society the liberties of equal citizenship are taken as settled; the rights secured by justice are not subject to political bargaining or to the calculus of social interests.”

― John Rawls, A Theory of Justice
BBC has done a great service to all Rwandans by provoking a debate that cannot take place within Rwanda’s repressive state, and which Rwandans in diaspora can only participate in at the risk of death. The authors of the arrogant protest note to BBC have a luxury that most Rwandans are yet to gain as their right. Rwanda’s Untold Story has once again proved that BBC’s reputation as a credible partner in the search for truth and justice is an enduring one.

I challenge those making loud noise against BBC to an international debate on Rwanda. Invited to such an international conference will be BBC journalists, international experts on Rwanda, the Government of Rwanda, its supporters and collaborators, as well as Rwandans of all walks of life. Perhaps, through that Rwandans and partners can begin to have a civil and constructive dialogue to own a difficult past and present, even as they shape a common future, one step at a time. Short of that, Rwanda now moves to a period of rapid escalation. And, judging from Rwanda’s history, that is bad news.

Sincerely,

Dr. Theogene Rudasingwa
Washington D.C.
USA
Email: ngombwa@gmail.com
Komeza Usome ...

Kuba Umufana w'Umwicanyi ruharwa amaherezo bigira inkurukizi mbi !

Kuba Umufana w'Umwicanyi ruharwa amaherezo bigira inkurukizi mbi !

Nk'umuntu wemeza ku mugaragaro  ko yikundira umutegetsi w'umwicanyi kabombo n'umunyagitugu amahanga yiyemeje gukuraho amaboko burundu,  aba atekereza ate ?
*Nk'intore zikomeje ubutumwa bwo kuroga abantu no kwidegembya ku kabona bose,aho kwihisha no kwitwikira ijoro nk'abandi barozi bose  waziha ubuhe butumwa ?
*Ese ubu bazi ko umunsi umwe bashobora kuzabibazwa n'ubutabera ?
*Tanga igitekerezo cyawe hasi aha muri komanteri .
*Tanga amakuru ku myigaragambyo iri kubera i Londoni yamagana umwicanyi ruharwa Paul Kagame, na BBC ubwayo yatahuye hanyuma igafata icyemezo cyo kumutamaza kandi mu myaka ishize yaramusingizaga ngo ni VISIONARY LEADER !
*Va mu mwobo ujye ahagaragara uvuge ukuri kwawe udakebaguzwa, abicanyi bareke kwiharira urubuga!
*Igihe kirageze, hitamo kuba ingabo y'Ikinyoma nk'Intore cyangwa  urwanirire ukuri kugeza gutsinze.
Umukunzi w'Umuhanuzi
Ngaho irebere uko intore zamenyereye ubwicanyi zafatiwe i Londres zitwaje ibyuma byo gusogota abatavuga rumwe n Umunyagitugu Kagame:

Komeza Usome ...

Rwanda: Lifting the Lid On Rwandan Repression

By David Mepham
Human Rights Watch (Washington, DC)
21.10.2014
Rwanda: Lifting the Lid On Rwandan Repression
Rwanda's President Paul Kagame, who is giving a speech at London's Chatham House today, is viewed by his admirers as the man who saved the nation - who brought stability and rapid economic development to a country devastated by genocide now 20 years ago.

Tony Blair, the former British prime minister who advises the Rwandan government, has talked of Kagame's "visionary leadership," while former US president Bill Clinton has described him as "one of the greatest leaders of our time." But these admirers - and others - seem to be willfully ignoring the darker side of Kagame's record in office.

Rwanda under Kagame has no tolerance for dissent or political opposition. Years of state intimidation and infiltration have emasculated Rwandan civil society.

In July last year, the last effective Rwandan human rights organization, the Rwandan League for the Promotion and Defense of Human Rights, suffered an internal coup, which ousted critical and independent voices and installed government-compliant ones. The Rwandan media is dominated by government views, and most media outlets follow the official line. Scores of Rwandan journalists have fled the country, unable to report freely and fearful for their safety.

Kagame's Rwanda is similarly ruthless in its treatment of political opponents. The ruling Rwandan Patriotic Front dominates political and public life, at national and local levels. Opposition parties have faced sustained pressure, preventing them from operating effectively. Some prominent opposition leaders, like Victoire Ingabire and Sylvain Sibomana, remain imprisoned, following flawed judicial processes.

Rwandans living abroad who criticize Kagame's government have also been physically attacked, raising serious questions about Rwandan government involvement. In January, Patrick Karegeya, a former Rwandan intelligence chief turned Kagame critic, was found murdered in his hotel room in South Africa.

In the days that followed, Kagame and other senior government ministers branded Karegeya a traitor and implied he got what he deserved. A few years earlier, an attempt was made on the life of dissident and former senior military official Gen. Kayumba Nyamwasa, who lives in South Africa.

In August, a South African judge convicted four people for the attempted murder - including two Rwandans - calling the attack politically motivated and saying it emanated from a certain group of people in Rwanda.

While in London, Kagame is likely to be lauded for Rwanda's economic and development achievements, which are impressive. But they in no way excuse his severe crackdown on political opposition, the intimidation of journalists and civil society, and any violence against Rwandan critics abroad.

Kagame's hosts in the UK should say so and in the strongest possible terms. And Kagame should be left in no doubt that he will pay a heavy price internationally for his continued repression and authoritarian rule.
Komeza Usome ...

NAIROBI: GEN JACK NZIZA URUPFU RURAMUGERA AMAJANJA!

Bakunze guca umugani mu kinyarwanda « ngo urucira mukaso rugatwara nyoko« . Iyo baca uyu mugani baba bashaka cyane cyane kubwira abantu bakunze gupanga imigambi mibisha yo guhitana abandi bantu maze nyuma bikazarangira ari bo babiguyemo. Mu Rwanda twagiye tubona ingero nyinshi zijyanye n’uyu mugani. Uyu munsi turavuga kuri gaheza mu gupangira abandi imfu n’iyicwarubozo, Gen Jack Nziza, ubu urupfu ruri kugera amajanja.

Jack Nziza,inzogera ziri hafi kwirenga!!
Jack Nziza,inzogera ziri hafi kwirenga!!

Abantu benshi bashobora kwikanga ngo Jack Nziza se nawe yapfa? Ariko kwaba ari ukwigiza nkana kuko nawe atari amabuye, kandi si we gihangange cyiruta ibindi ku isi! Mobutu, Saddam Hussein, Hitler n’abandi benshi bari ibihangange barapfuye kandi abo bari barapangiye kuvana ku isi nubu abenshi baracyariho. Tugarutse rero kuri Kanyundo, Gen Jack Nziza, amakuru agera ku Ikaze Iwacu aturutse mu bantu bamwegereye cyane, aravuga ko ubu ari mu bitaro, mu gihugu cya Kenya, aho yajyanywe ikitaraganya, kubera ko yari arembye cyane.

Aya amakuru akomeza avuga Jack Nziza yatangiye kurwara mu mezi abiri ashize ubwo ngo yari asigaye ajya kwihagarika hakazamo n’amaraso. Ku itariki ya 04 Kanama, 2014yahise ajya kwisuzumisha mu Buganda muri Kampala International Hospital, ariko ntiyaguma mu bitaro ataha mu Rwanda. Nyuma y’iminsi mike yongeye kuremba, tariki ya 30 Nzeli, 2014, yashyizwe mu bitaro bya  Roi Faysal i Kigali.

Mu gihe yari muri Roi Faysal ni bwo yarimo anagerageza gushaka visa ngo arebe ko yajya kwivuza mu gihugu cya Israheli, ariko ku mahirwe make ya Jack Nziza, israheli yamwimye visa. Nziza abonye ko Israheli yanze, yahise noneho asaba iyo kujya kwivuriza mu Buhinde, ariko nayo yatinze kuboneka. Uku kutabona visa yo kujya kwivuza hanze, byatumye uburwayi bwa Jack Nziza burushaho gukomera, kubera ko muri Roi Faysal ntacyo bamumariye. Niyo mpamvu ku wa gatanu tariki ya 17-10-2014, Jack Nziza yajyanywe byihuta cyane mu ndege yihariye kuvurirwa muri Kenya mu bitaro byitwa Aga Khan University Hospital, biri mu mugi wa Nairobi.

Amakuru agera ku Ikaze Iwacu avuga ko i Nairobi Jack Nziza yashyizwe mu gice cy’abantu barembye cyane bikabije (intensive care). Ayo makuru akomeza avuga ko Jack Nziza arembejwe cyane na Cancer ya prostate ngo igeze mu rugero rwo hejuru cyane (advanced prostate cancer), akaba nyine ariyo ituma yihagarika amaraso. Abazi iby’ubuvuzi bavuga ko bigoye cyane ko Jack Nziza yazarokoka iki kirwara, cyane cyane ko asanzwe anarwaye cya cyago cya SIDA, ni ukuvuga ko abasirikari be mu mubiri basigaye ari bake cyane bikabije, ubwo rero ntibizatangaze abantu vuba aha bumvise ko Jack Nziza, Kanyundo, dogiteri Kandoyi yabaye amateka!!!

Urupfu rwa Jack Nziza rushobora kuzabera bamwe isomo ryo guhagarika kujya bacura imigambi yo kwivugana inzirakarengane. Jack Nziza ubu ari kurwana n’ubuzima kandi niwe wari umaze iminsi akora imigambi yo kwica perezida w’Uburundi, Petero Nkurunziza. ubu rero wabona Imana ikoze igitangaza Jack Nziza akitaba Imana, Nkurunziza agihagaze, maze tukongera tukavuga ngo: « URUCIRA MUKASO RUGATWARA NYOKO ».

Uwimana Joseph
Ikazeiwacu.fr
Komeza Usome ...

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